(Le maire d'Elne a d'abord cité et salué l'ensemble des présents.) Cette cérémonie annuelle est d’abord l’occasion de nous souhaiter la bonne année, alors recevez nos vœux de santé, de bonheur, de réussite individuelle et collective, poudes présentsr vous-même et pour les êtres qui vous sont chers.
Nos premières pensées vont aux parents et amis empêchés par la maladie où récemment disparus. (…)
Je veux remercier, celles et ceux d’entre vous qui, depuis plus ou moins longtemps, soutiennent notre action, rendue difficile en ces temps de crise et de doute.
Je saisie l’occasion de cette soirée pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants dans notre ville, ils sont nombreux ces derniers temps, je voudrais leur dire qu’ils ont fait le bon choix en choisissant Elne et nous comptons sur leur implication dans les activités associatives, sociales et citoyennes qu’offre notre commune.
Meilleurs vœux aux représentants des services publics et de l’Etat (école, Poste, perception, hôpitaux, justice, police, gendarmerie, collectivités territoriales, etc.) travaillant dans ou avec la commune. Nous défendons à leurs côtés le maintien et le renforcement du service public, notamment en milieu rural, et, bien sûr leur statut. Avec eux nous résistons à la Réforme Générale des Politiques Publiques, la RGPP, aux fermetures et aux privatisations. En contre partie nous savons pouvoir compter sur leur attitude ouverte et constructive, en direction de la commune, de la population et des élus.
Meilleurs vœux aux pompiers, volontaires ou professionnels, leur mission est difficile, dangereuse et remarquable. Il y a quelques jours, nous avons inauguré leur nouvelle caserne, elle est le fruit d’une belle coopération entre le Conseil Général et la ville d’Elne. En effet, nous avons cédé gratuitement les locaux et le terrain nécessaires, d’une valeur estimée entre 300 et 400 000€, au cours du marché actuel. Ajoutons à cela les quelques 200000€ versés chaque année par les contribuables illibériens au Service Départemental d’Incendie et de Secours, au titre de la participation.
Proche de la caserne des Pompiers, une belle gendarmerie va voir le jour, le projet est affiché dans la salle tout comme le futur parc urbain du marché de gros, la ZAC et le lotissement éco-responsable, située à l’entrée Nord de la ville, le long de l’ancienne RN 114.
Je veux saluer depuis ce pupitre l’ensemble des actrices et acteurs de la vie scolaire, enseignants, parents et personnels de services, qui, de la maternelle au collège, résistent au démantèlement de l’école publique. En septembre nous avons inauguré le nouveau centre de loisir, dans la cour de l’école primaire Joseph Néo, je rappelle que l’ancien, situé dans les vieux préfabriqués « des mimosas », avait prés de 60 ans.
Je veux clore pour ce soir le chapitre de l’enseignement et de l’éducation, en évoquant la construction du nouveau collège pour lequel notre ville n’a pas eu d’autre choix que d’offrir au conseil général un terrain d’une valeur de 600000€, acquis par la commune en face la ZAC. Ce terrain jouxte la nouvelle zone artisanale et industrielle, dont les travaux viennent de débuter. Vous le voyez, nous continuons d’investir en faveur de l’éducation et l’enseignement des enfants d’Elne et du canton, sans oublier de promouvoir l’activité économique.
Amical encouragement à persévérer aux services municipaux, dirigés par Rémi Cathala. Dans un dialogue devenu permanent avec les élus et leur hiérarchie, ils travaillent à améliorer et à revaloriser ce service public de proximité que représente leur métier.
En cette période de crise, comment ne pas avoir une pensée pour le monde agricole. L’agressivité du marché, la concurrence libre et non faussée, la non protection de nos productions et les politiques qui cautionnent ce système, sont la cause de difficultés, aux répercutions terribles sur l’emploi et l’environnement. Sur Elne, prés de 50 hectares de vignes ont été arrachés cette année, d’autres superficies destinées au maraichage ou à l’arboriculture ont été classées en friches. Pour ne pas fermer, notre cave coopérative a fusionné avec celles de Cabestany, Alénya, Saint Nazaire et Villeneuve de la Raho, contraintes elles aussi au regroupement pour ne pas mettre la clé sous la porte. Quelle honte ! Il y a quelques années les tenants du libéralisme organisaient les importations pour justifier les arrachages. Maintenant, ils justifient les importations par la faible production locale consécutive aux arrachages. Ce sont les politiques libérales mondiales, européennes, nationales, qui régissent nos sociétés et le marché, qui sont responsables du marasme agricole.
Jusqu’à quand allons nous accepter cela ?
Je salue également les entrepreneurs, commerçants, artisans, restaurateurs, pour eux et pour leurs salariés, je fais le vœu d’une reprise économique rapide. Toutefois, soyons francs, cette crise n’est pas une fatalité comme le vent, la grêle, la pluie ou la neige. Elle a pour responsable un système privilégiant le tout financier, la rentabilité, le profit, la concurrence libre et non faussée.
Nos gouvernements ont trouvé de l’argent pour sauver les banques, qui jouent avec les économies de nos concitoyens comme au casino. Pas question en revanche d’aider les artisans, les commerçants, les PME, la relance du crédit à la consommation. Dans ces conditions la crise ne peut que s’aggraver, surtout si elle est alimentée par la baisse du pouvoir d’achat, l’emploi précaire, le chômage et leur répercussion terrible sur la consommation. Pourtant la crise n’est pas pour tout le monde, les bourses et le CAC 40 explosent, les riches deviennent plus riches. Des entreprises cotées enregistrent des progressions en bourse avoisinant les 100% en 2010. Bref les affaires financières et boursières ont repris avec les profits faramineux que procurent les stocks options.
Laisserons-nous cela continuer longtemps ?
La volonté et les efforts solidaires de notre population, des élus, des acteurs socio-économiques, des associations et leurs dizaines de bénévoles, que je félicite ce soir chaleureusement, empêchent le quotidien des illibériennes et illibériens de se dégrader. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?
Pour sa part notre équipe municipale tente d’améliorer l’image de la cité, s’efforçant de la rendre propre, sûre, accueillante et conviviale, redonnant leur place aux piétons, développant une politique culturelle digne de ce nom, aménageant des circulations fluides, des stationnements gratuits, soutenant sa jeunesse, mettant en œuvre une politique du logement ambitieuse, améliorant la qualité des services offerts et créant 3 nouvelles tranches de zone artisanale et industrielle en 10 ans.
Nous mettons tout en œuvre pour que notre ville soit dynamique et solidaire, je crois que désormais cela se voit et sait. A ce sujet, la création d’un nouveau logo est apparue nécessaire pour rendre encore plus lisible et visible, le véritable bouleversement qu’à connu notre ville ces dix dernières années.
J’adresse enfin mes vœux très fraternels à mes coéquipiers, beaucoup d’entre eux ont été élus avec moi il y a 10 ans. Dans un climat de confiance et de fraternité mutuelle, au rythme du possible, ensemble, nous avons mis en œuvre les programmes progressistes sur lesquels nous nous étions engagés, devant et avec la citoyenneté illibérienne.
Je crois franchement que nous avons transformé Elne. Nous avons été réélu dés le premier tour, il ya trois ans, avec une progression de 10%, grâce à une belle union des forces de gauche progressistes et catalanistes, grâce aussi à nos réalisations. Si de nouveaux élus ont été intégrés, une large majorité de l’équipe fêtera en mars prochain les dix ans d’un changement radical de politique. Chers amis, je vous invite à persévérer, car rien n’est jamais acquis. Les illibériennes et illibériens attendent encore plus de nous, ils nous le rappellent au quotidien. Aussi je vous le dis/ rien/ je dis bien rien/ ne doit nous détourner de l’essentiel, c'est-à-dire continuer de gérer ensemble la ville pour le bien du plus grand nombre, en respectant, bien évidemment, le service et l’intérêt publics. Nous allons célébrer ces dix ans de gestion de manière citoyenne. En février des Comités Locaux d’Initiative Citoyenne (les CLIC) aborderont l’idée d’un grand questionnaire que nous enverrons à chaque illibérien au printemps. Ce questionnaire, auquel d’ores et déjà je vous invite à répondre massivement, sera ensuite analysé, puis les résultats seront présentés et débattus en public en mai dans une grande réunion à la salle des fêtes.
L’histoire d’Elne remonte à 26 siècles, elle est le fruit d’une évolution permanente, d’une ouverture jamais remise en cause, d’un brassage culturel et ethnique ancestral. Les orientations de notre ville et de sa population ont souvent été progressistes, empreintes de solidarité et de tolérance.
L’équipe que je conduis est totalement en phase avec cette histoire, ces racines, ces traditions ouvrières, culturelles et progressistes. Malgré un contexte économique et social de crise financière et de désengagement de l’Etat sans précédent, nous voulons conserver cette identité, cet état d’esprit.
Le petit film simple et sans prétention que vous venez de voir est l’œuvre de mon cabinet que je remercie de son implication à mes côtés. Il montre avant tout la cohérence de notre action : nouveau centre de loisirs, nouvelle ZAC, nouvelle zone artisanale et industrielle, nouvelle gendarmerie, soutien à la construction d’une caserne de pompiers, nombreux logements locatifs et en accession à la propriété, promotion d’un nouveau lotissement et d’une nouvelle zone commerciale éco-responsables à l’entrée de ville côté ancienne RN 114.
Le film est suffisamment explicite sur l’avancement de nos projets, mais permettez moi au moins un mot sur la ZAC. Ce dossier nous a beaucoup fait souffrir et surtout a beaucoup fait souffrir certaines familles qui y ont totalement perdu leurs illusions et même leur rêve. Les responsables de ces retards accumulés, dont la cupidité a été la seule motivation, finiront bien par payer un jour l’addition financière et politique de leur recours abusifs. Malgré ces problèmes, je ne peux résister au plaisir de vous dire que tous les terrains sont vendus et chacun peut constater la vitesse faramineuse à laquelle avance les constructions. Dans quelques semaines, nous envisageons de lancer la deuxième tranche de la ZAC.
La politique de l’habitat de la ville est hyper dynamique, que ce soit dans le locatif ou dans l’accession à la propriété. Cela devrait d’ailleurs faire l’objet d’un article dans un numéro spécial, tiré à part, du grand quotidien national « Le Figaro », peu soupçonnable, vous en conviendrez, de sympathie communiste.
Plus de 1100 habitants supplémentaires sont arrivés à Elne durant la dernière décennie, toutefois les familles déjà résidentes ont toujours été prioritaires dans notre politique d’habitat. Pour les dix ans à venir ce sont 2000 personnes et également un bon nombre d’entreprises supplémentaires qui vont s’installer à Elne.
Arriver à ce résultat, implique d’offrir à nos concitoyennes et concitoyens, ainsi qu’aux nombreux visiteurs de notre ville, des équipements et des services publics performants, une politique culturelle non élitiste digne de notre cité, de son passé glorieux et de son avenir prometteur. De même il ne fallait pas délaisser le cœur de notre ville, cela a supposé des accès routiers qui relient facilement les nouveaux quartiers avec la ville historique, des parkings, des équipements culturels comme Gavroche, mais aussi une opération programmée d’amélioration de l’habitat en centre ancien, qui nous permet, selon les services de l’Etat, d’être la première ville du département à inverser la tendance en matière de logement indigne. Ajoutons, les écoles, la crèche, le centre de loisir et la station d’épuration, c’est plus de 27 millions d’€ investis dans l’économie locale. Pour ne pas faire payer directement ces investissements aux seuls contribuables d’aujourd’hui et demeurer parmi les communes du département où les impôts locaux sont les plus bas, nous avons choisi l’endettement. Nous devrions maintenant commencer à recueillir les fruits de ces investissements.
Bien évidemment sans le dynamisme et la confiance de la population, des acteurs économiques et des associations avec lesquelles nous renouvelons, année après année, un partenariat solide et clair, basé sur un apport et un respect mutuel, nous ne pourrions pas mettre en œuvre notre politique.
Nous nous appuyons aussi sur un partenariat avec l’Europe, l’Etat, le Conseil Général, le Conseil régional, la Generalitat de Catalunya. Malheureusement, pour des raisons diverses tous réduisent leurs aides aux communes.
Dans ce contexte difficile de crise, nos atouts sont utiles pour résister : patrimoine ancien ou plus récent, situation géographique, qualité de vie, commerce et artisanat, agriculture et agroalimentaire. Dans cet ensemble patrimonial, économique et culturel, permettez moi de détacher, une fois de plus, la Maternité d’Elne, dont plus personne ne doute du bien fondé de l’acquisition et du projet qui lui est liée. Cette année encore le 14 juillet, 7 maires des plus grandes villes de catalogne sud, à l’exception de celui de Barcelone, ont participé au 5ème anniversaire de l’acquisition du lieu et à la rencontre des 80 fillettes qui en catalogne sud, portent le doux prénom d’Elna. Le 15 janvier, une exposition sur la Maternité sera inaugurée à Zurich, la ville où vit encore Elisabeth Eidenbenz. Je passe rapidement sur les milliers de visiteurs qui affluent vers Elne grâce à la Maternité.
Le moment est venu de dire un mot sur le commerce local : nous avons tous conscience que les choses sont difficiles pour les commerçants et artisans locaux, c’est vrai à Elne, ça l’est aussi ailleurs. La faiblesse du pouvoir d’achat et l’évolution des pratiques de consommation ont fait chuter la clientèle pour certains. D’autres ont exprimé le besoin de changer de lieu, soit par manque de stationnement, soit parce qu’ils étaient locataires de locaux vétustes. Nous avons tout fait pour leur ouvrir des possibilités de déplacement ailleurs dans la ville, car si aucune offre sur Elne ne leur avait été faite, certains d’entre eux auraient quitté la commune. Faute de solutions alternatives locales, quelques uns ont d’ailleurs été amenés à le faire. Si des commerces ont quitté le Camiral, la plupart sont restés dans la commune et ont suivi le déplacement de son centre de gravité, dans des locaux aux normes et plus fonctionnels. En outre beaucoup sont remplacés / ici par une agence bancaire, là par un magasin de chaussures, une épicerie ou un nouveau coiffeur. De nouvelles banques s’installent chaque année, de nouveaux commerces ouvrent, voyons le positif et reconnaissons que nous sommes en pleine période de mutation du commerce et de la consommation.
Toutefois, à mon initiative, nous venons de créer une commission municipale ouverte à toutes les tendances du conseil municipal avec l’objectif de se pencher sur la situation du Camiral et son avenir. Cette commission deviendra rapidement extra communale, ainsi nous pourrons avoir une vision plus large des propositions pour le Camiral.
L’activité économique, en plein développement sur la commune, nous a permis d’atténuer considérablement les conséquences du plafonnement puis de la disparition de la Taxe Professionnelle voulus par le gouvernement. Evoquer cette question m’amène à vous dire un mot sur la réforme des collectivités territoriales qui, couplée à la suppression de la Taxe Professionnelle, s’avère être catastrophique pour les mairies, départements et les régions. L’indépendance des communes, les services publics, le monde associatif, culturel ou sportif, sont en danger. L’investissement dans l’économie locale au travers de nos réalisations l’est également, en effet il faut savoir que les recettes de la TP servaient pour une part à l’autofinancement de nos investissements. Privés d’une partie de leurs recettes, les communes risquent d’être obligées de transférer la fiscalité vers les ménages, de renoncer à rendre certains services, voir de les privatiser. Il faut continuer de combattre cette réforme, s’engager à la supprimer entièrement et pas seulement la partie qui met en place le conseiller territorial.
L’autre question importante pour l’avenir est l’intercommunalité. Nous sommes restés libres de toute intégration contraignante dans une communauté de communes tant que cela a été possible. La nouvelle réforme territoriale votée en 2010 est encore plus liberticide que la précédente. Elle éloigne davantage le citoyen des décisions qui le concerne. Elle aggrave les attaques contre la libre administration des communes.
Mais la nouveauté de cette réforme est qu’en décembre 2011, toutes les villes libres devront choisir de rejoindre une communauté de communes ou à défaut, le préfet, qui se voit désormais doté de supers pouvoirs, les intègrera de force. Voyons bien ce qui s’est passé à Cabestany, où élus et population continuent de mener la lutte. Est-il admissible qu’une commune soit contrainte d’adhérer à une structure que son conseil municipal démocratiquement élu et une large majorité de sa population rejettent ? Cette affaire en dit long sur le genre de libertés qui attend les communes à l’avenir.
Malheureusement comme sur d’autres sujets, pour cette réforme le gouvernement n’en a fait qu’à sa tête et n’a pas tenu compte des contestations y compris venant d’élus de son propre camp.
Quoi qu’il en soit, tout en se battant farouchement contre la nouvelle réforme, nous devons nous préparer à faire un choix avant qu’il nous soit imposé. Personnellement, je penche pour la fondation d’une nouvelle communauté de communes au sud de Perpignan, structure suffisamment importante pour être un pôle d’équilibre économique et politique à la trop imposante communauté d’agglo qui risque de dévorer notre département de l’intérieur, ne laissant à l’arrière pays que les yeux pour pleurer. J’ai pris l’initiative d’écrire, puis de réécrire, à mes collègues maires, d’Argelès, des Albères et de la Côte Vermeille, du secteur d’Illibéris et de Sud Roussillon (Alénya, Latour Bas Elne, Saint Cyprien). J’ai aussi envoyé mon courrier aux élus du Vallespir et des Aspres.
Une intercommunalité évolutive, au sud du département, forte de plus de 100 000 habitants, bâtie sur plusieurs piliers comme Argelès, Elne et Saint Cyprien demain peut être élargie à Thuir et à Céret, aurait une belle cohérence économique et géographique. Les discussions devraient sérieusement se concrétiser en 2011. Nous concernant, nous aurons rapidement un débat au sein du conseil municipal. La population illibérienne sera appelée à donner son opinion au printemps dans le questionnaire citoyen dont je parlais précédemment. Vous l’aurez compris cette loi ne me convient pas, je reste partisan d’une forme différente de coopération intercommunale, mutuellement avantageuse et consentie, s’appuyant sur la souveraineté de chaque commune et qui, contrairement à aujourd’hui, rapproche le pouvoir politique du citoyen.
Le moment est venu d’aborder, franchement comme j’en ai l’habitude, une situation nationale et internationale fortement marquée par la crise. Très peu de gens y échappent, ses conséquences sont gravissimes pour le quotidien des familles. Pour illustrer cette situation, j’ai choisi de me référer aux chiffres connus en Languedoc Roussillon, publiés dans la presse le 28 décembre dernier.
Sur un peu plus de deux millions et demi d’habitants, 65000 foyers (soit environ 200000 personnes) ont du mal à régler leur facture d’électricité et bénéficient du tarif « première nécessité » mis en place par EDF. Le taux de pauvreté est de 18% - 450000 personnes, l’équivalent d’un département comme le notre, sont considérés comme pauvres, c'est-à-dire qu’elles vivent avec moins de 880€ par mois. Rappelons que la moyenne nationale de la pauvreté est de 13%, ce qui est déjà très élevée. Notre région voit s’aggraver la pauvreté en particulier chez les personnes âgées isolées et les plus jeunes, elle compte de plus en plus de travailleurs pauvres, c'est-à-dire des femmes et hommes qui tout en travaillant ne gagnent pas assez pour vivre. Malheureusement, vous le savez, il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui, malgré un boulot, vivent dans leur voiture parce qu’elles ne peuvent pas payer un loyer. En outre nombre d’études sérieuses démontrent la trop grande proportion de ménages fragiles dépendants des seules prestations sociales.
Le revenu brut disponible par famille est un des plus faibles de France. Par ailleurs, 80000 personnes sont titulaires du RSA, un emploi sur trois est saisonnier ou précaire, un tiers des habitants de moins de vingt ans vit dans une des 28 ZUS (zone urbaine sensible) de la région. J’arrête là, mais des situations similaires, ou parfois bien pire, existent partout en France, en Europe et dans le monde. Pourtant il incontestable que la crise économique à fait au moins une démonstration : l’argent existe pour satisfaire aux besoins des françaises et des français mais aussi des milliards d’êtres humains.
En France, les familles les plus riches ont vu leur fortune progresser de 84 milliards d’€ soit 25 % en 2009. Celle de Bernard Arnault le puissant patron de la multinationale des produits de luxe, Louis Vuitton Moët Hennessy, a progressé de 56% en 2010, passant de 14,5 milliards à 22,7 milliards d’€. Au reste notre pays vient d’entrer dans le cercle très fermé des trois pays du monde qui compte le plus de milliardaires. Grace aux scandaleux stock-options quelques initiés-privilégiés ont gagné en un seul jour des sommes fabuleuses. Je ne voudrais pas que vous pensiez que c’est une obsession mais toujours chez LVMH, le n° 2 du groupe vient de faire la une de l’actualité en gagnant en quelques heures prés de 18 millions d’€, soit 1400 ans de SMIC et son PDG, Bernard Arnault, encore lui, a une plus value potentielle sur ses stock-options de 100 millions d’€. Pour en finir sur cette question laissez moi vous dire encore que les patrons du CAC 40 ont touché en moyenne 3 millions d’€ de plus value sur leur stock-options l’an dernier, il va de soi que cela s’ajoute aux rémunérations ordinaires que ces gens là perçoivent habituellement. Dans le même temps, la France compte plus de 4 millions de chômeurs, plus de 8 millions de pauvres, la précarité et la misère explosent. Pourtant notre pays n’a jamais été aussi riche pour satisfaire les besoins de sa population. Vous le savez j’aime bien les citations d’hommes célèbres, j’en ai trouvé une de pas mal, elle ouvre « Le président des riches », best seller de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot, livre que je vous recommande. Les auteurs reprennent une citation du multimilliardaire Warren Buffet, la voici : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait. C’est ma classe qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. »
Dernièrement un autre petit livre de 32 pages fait un tabac dans les librairies. « Indignez-vous » a été écrit par Stéphane Hessel et édité par « indigènes », une maison d’édition Montpelliéraine dirigée par un ami de notre ville, Jean Pierre Barou, qui a déjà été commissaire d’exposition chez nous et travaille actuellement au catalogue et à la nouvelle exposition sur l’œuvre d’Etienne Terrus qui sera présentée cette été au musée du même nom. Stéphane Hessel, auteur de ce brulot, est un ancien résistant, diplomate, co-rédacteur de la déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948. A 93 ans, l’homme est debout et lucide, permettez moi de citer un petit extrait de son ouvrage.
« Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger les conquêtes de la résistance, alors que la production de richesses a considérablement augmentée depuis la libération, période où l’Europe était ruinée ? Sinon parce que le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat. Les banques, désormais privatisées, se montrent d’abord soucieuses de leurs dividendes et des très hauts salaires de leurs dirigeants, pas de l’intérêt général. L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important. » Fin de citation.
Après d’autres, dans son livre « Indignez-vous », ce grand monsieur démontre que cette crise n’est pas fatale et inéluctable. Elle exacerbe pourtant dans le monde les guerres, la famine, des situations sociales déplorables.
La finance et le productivisme sont en cause avec cette crise du capitalisme, social libéral ou ultra libéral, que nous vivons. Les problèmes d’environnement et de réchauffement climatique sont aggravés, la survie même de la planète est posée.
Plus de libéralisme est-il la solution ?
Je ne crois pas ! Regardez en Europe là où le libéralisme économique est le plus avancé, c'est-à-dire là où la force publique est moins forte (moins de service public, moins de pouvoirs pour les collectivités locales, moins de protection sociale…), les peuples souffrent davantage de la crise. Voyez l’Irlande, le Portugal, la Grèce et plus proche de nous l’Espagne et la catalogne.
Dans ces pays, des milliards et des milliards d’argent public ont été injectés pour sauver les spéculateurs et les financiers de la faillite, en particulier les banques. Aujourd’hui une nouvelle explosion des profits spéculatifs et boursiers voit le jour alors que l’addition commence à être présentée aux peuples. Tandis que durant ces fêtes certains ont du serrer la ceinture, dormir dehors ou pire sont morts de froid, de faim, de soif// pour les traders, actionnaires et autres milliardaires, le champagne a coulé a flots pour fêter les affaires redevenues florissantes et le cours des actions qui s’envole à nouveau. Dans ce monde où 225 personnes détiennent autant que deux milliards et demi d’êtres humains et où 1% de riches possèdent 57% des richesses, la guerre gronde partout, les pauvres sont plus nombreux, la qualité de vie se dégrade, la planète crève, s’enfume et menace de se noyer.
Je viens de le dire, nous sommes confrontés à une crise sans précédent du capitalisme et en particulier dans sa forme ultra libérale financière.
Une question nous est posée :
Va-t-on sortir de cette crise par une nouvelle politique de progrès sociaux et démocratiques comme au lendemain de la seconde guerre mondiale ou va-t-on en sortir par une nouvelle cure d’austérité pour les peuples avec des marchés financiers hyper protégés?
C’est vous citoyennes et citoyens qui devez répondre à cette question.
Si face à cette grave situation vous ne vous indignez pas, vous aussi.
Si face à cette situation vous ne résistez pas et vous vous en remettez uniquement aux femmes et aux hommes politiques, de quelques bords qu’ils soient. Vous subirez la loi dictée par les marchés financiers, les agences de notations, le FMI, la banque centrale européenne, soutenue et portée par l’Europe, les gouvernements de droite comme en France mais aussi de gauche dans d’autres pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne.
Je vous le conseille, mêlez vous en, ce sont vos affaires. Votre vie quotidienne, votre avenir et celui de vos enfants en dépendent. Loin de moi bien sûr l’idée de dénigrer la politique, il ne peut y avoir de démocratie sans partis politiques, et encore moins sans participation électorale massive. Mais le citoyen doit rompre avec la délégation de pouvoir et investir l’espace politique autrement que dans les isoloirs, rien ne remplacera l’intervention citoyenne.
Invitez vous dans les réunions politiques, interpellez les élus et les partis. Au besoin créez vous-même des espaces citoyens pour exiger et dicter à celles et ceux, qui prétendent ou qui veulent vous représenter, les orientations et les choix que vous voudriez les voir mettre en œuvre une fois que vous les aurez élus. Voilà la nouvelle démocratie dans une nouvelle république que j’appelle de mes vœux. Changer le monde, transformer la société… on apprend dans le livre de Stéphane Hessel au moins cela : rien n’est impossible à celui qui ne se résigne pas. Les révolutionnaires de 1789 l’ont montré, mais aussi celles et ceux du Front Populaire, sans oublier les résistants qui rédigeaient le programme du Conseil National de la Résistance tout en combattant les nazis et leurs complices.
La France, l’Europe, le monde ne peuvent plus continuer de la sorte, le cours des choses doit être changé et seul le peuple en a les moyens.
Si nous voulons éviter aux familles, aux collectivités et à la société toute entière de payer la crise au travers des taux d’intérêts, des agios, de l’argent public, d’une politique de bas salaires et de retraites portée à 67 ans à taux plein qui vient d’être scandaleusement imposée à notre peuple. Nous devons susciter le débat sur l’utilisation de l’argent dans ce pays et en Europe.
La volonté de faire le plus de fric possible dans le plus court délai possible, emmène la France, l’Europe, la planète au bord du gouffre. Le réchauffement climatique, non enrayé, conduit à la disparition des espèces et ce risque n’épargne pas les humains. Ce sont encore les multinationales qui tirent un profit maximum de ces situations, alors que l’on cherche à faire payer la note de la pollution extrême aux plus pauvres, qui sont souvent les moins pollueurs. Dans le même temps personne ne se lance dans une réflexion audacieuse sur le transport, collectif, public et non polluant, voyageurs et marchandises.
Le problème de l’environnement est un problème politique et économique, qui ne se règlera, ni par un nouvel impôt, payé toujours par les mêmes, ni par la complaisance envers le monde de la grande industrie, des affaires et de la finance, ni par l’instauration de droits à polluer.
Comme l’a déclaré le président Bolivien, Evo Moralès: « pour changer le climat, il faut changer de système économique et politique ».
Pour arrêter le massacre et les cadeaux aux plus riches, ayons au moins le courage de sortir du secteur marchand privé : l’eau, l’air, la terre et l’énergie.
Battons nous pour des entreprises et un service public dans le domaine de l’eau, de la banque, de l’énergie, des télés communications, des transports, de l’environnement, de la santé publique. Défendons notre agriculture pour un aménagement du territoire cohérent, harmonieux, enrichissant, mais aussi pour garantir une indépendance alimentaire avec des produits de qualité.
Résister et agir, c’est empêcher les inégalités de se creuser aussi dans notre commune et faire en sorte qu’aucune barrière ne s’installe entre ses habitants.
Vous pouvez compter sur moi pour veiller à ce que nous soyons tous fiers de la qualité de vie dans notre ville, de ses habitants, de ses acteurs économiques, de ses services municipaux.
Vous pouvez compter sur moi pour éviter toutes divisions, ghettoïsation, communautarisme ou repli sur soi et pour faire primer la laïcité, la démocratie et le progrès.
Pour 2011,
-Je vous souhaite de gardez en éveil l’esprit de lutte et de révolte contre les injustices et pour le progrès.
-Je vous souhaite d’être animés par la volonté de vous unir et de vous battre pour un monde de liberté, d’égalité, de fraternité et de paix.
-Je vous souhaite de ne plus supporter la vue d’un enfant mort, en Haïti, Côte d’Ivoire, Irak ou Palestine.
Enfin que cette nouvelle année vous apporte sérénité, démocratie, liberté de penser et surtout la joie de garder auprès de vous, le plus longtemps possible, les êtres qui vous sont chers.
Qu’elle vous amène aussi la santé, la force, le courage et la détermination de ne pas renoncer à vos rêves les plus audacieux.
Car comme le dit un proverbe Fang, peuple qui vit entre le Cameroun et le Gabon:
« Ce n’est pas parce que la nuit a été longue que l’on doit oublier son rêve. »
Feliç any nou i per molts anys.